Discours de C. Couvert à la Grande conférence sociale

Publié le par CFE-CGC Métiers de l'Emploi

"Pour la CFE-CGC la conférence sociale doit répondre à une seule urgence,  mettre en place un vrai plan de relance de l'emploi. Créer et recréer de l'emploi en France nous permettra d'amorcer la spirale vertueuse et in fine apportera des cotisations donc des recettes nouvelles à notre dispositif de protection sociale.

Nous attendons du gouvernement qu'il ne se contente pas d'une feuille de route, d'un agenda social mais bien  qu'il engage des actions concrètes à effet immédiat pour l'emploi.
 
Nous attendons de vous un nouvel élan afin de sortir de la crise que nous traversons.
Nous venons à cette conférence exigeants, déterminés et constructifs avec des propositions répondants aux attentes des techniciens, agents de maîtrise, cadres et ingénieurs, mais aussi de nos collègues des 3 fonctions publiques.

Nos représentants CFE-CGC vont porter des propositions concrètes dans l'intérêt des salariés, des entreprises et des  administrations afin d'être dans une logique gagnant-gagnant. Notre intérêt à tous est bien celui de la relance de la croissance et de l'emploi.

C’est pourquoi nous suggérons de porter la création d'un serpent fiscal européen pour harmoniser notamment l’impôt sur les sociétés, la  fiscalité des brevets, l'impôt sur les revenus. Il s’agit  de réduire les écarts de fiscalité entre les pays, d'arrêter la concurrence déloyale entre états membres de l'union européenne, mettre un terme aux délocalisations et au dumping social.

Cette proposition portera ses fruits à moyen et long terme.

Pour un véritable plan de relance de l'emploi nous vous demandons de travailler sur la mécanique de calculs de l'impôt sur les sociétés pour redonner de l'oxygène aux TPE et PME afin qu'elles puissent créer de nouveaux emplois.

Nous souhaitons aussi voir deux nouveaux critères dans l'attribution du crédit impôt recherche : dépôt des brevets et développement des filières en France afin que ce crédit puisse bénéficier à l’économie française.

Nous souhaitons travailler à l'image des métiers de l'industrie afin de lever les freins à l'implantation de nouvelles industries.

Nous suggérons de travailler ensemble à la montée en gamme des produits fabriqués en France mais aussi au passage du consommateur au consom'acteur afin que dans nos actes d'achat nous puissions chacune et chacun mesurer les conséquences de nos choix sur l'emploi.
 
Pour l’emploi, nous vous proposons  de relever les limites d'âges de 26 à 30 ans sur tous les contrats aidés. (Ex contrat de génération). Nous souhaitons développer l'apprentissage et l'alternance sur les cursus post bac.

Nous demandons une formation tout au long de la vie et une formation pour accompagner nos collègues de l'encadrement qui pourraient créer une SCOP ou reprendre une entreprise afin la aussi d'avoir un impact sur la création d'emploi.

Sur le dossier retraite : nous refusons l'opposition des régimes ou des catégories comme nous refusons la désindexation.

Nous tenons à redonner des perspectives aux jeunes avec la prise en compte des années d'études post bac dans le calcul de la retraite. C'est un préalable pour la CFE-CGC à tout débat sur l'allongement de la durée de cotisation ou le report de l'âge légal de départ à la retraite.

Concernant la modernisation de l'action publique : nous vous demandons la mise en place d'une véritable fonction publique de métier, avec une vraie politique de ressources humaines, une gestion prévisionnelle des emplois et compétences et une politique salariale dynamique. L'annonce du gel de l'indice pour la 4ème année successive n'est pas de bon augure pour cet atelier. Et nos collègues le vivent comme une provocation.
 
Concernant le dialogue social
 
La loi du 20 août 2008 ne répond pas à la question du développement de l'adhésion. Or l'adhésion c'est  la légitimité des organisations syndicales.

Pour faciliter l'adhésion la CFE-CGC  souhaite  réserver les bénéfices de la négociation collective aux seuls adhérents des organisations syndicales.

Nous pourrions aussi imaginer que certains services soient  gérés uniquement  par les organisations syndicales et destinés aux adhérents (ex en suède 85% de syndiqués car ce sont les organisations syndicales qui distribuent l'assurance chômage).

Ces deux propositions sont compatibles avec notre constitution de 1946 qui prévoit dans son préambule "tout homme peut défendre ses droits et ses intérêts par l'action syndicale et adhérer au syndicat de son choix".
 
En ce qui concerne la  représentativité patronale nous demandons un parallélisme des formes . cela suppose une saisine officielle du gouvernement du CESE. Cela a été le cas pour la représentativité syndicale des organisations représentants les salariés, c'est une occasion de redorer l'image du dialogue social, de démontrer que nous fonctionnons en démocratie et non  avec des arrangements entre amis. Cela permettra à l'ensemble de la société civile de pouvoir s'exprimer et cela renforcera ainsi la légitimité des acteurs. Le dialogue social nous concerne tous.
 
Nous sommes prêts à discuter du financement des organisations syndicales lorsque la représentativité patronale sera stabilisée. Pas avant.
 
Enfin,  il nous paraît fondamental de travailler en parallèle sur les parcours des militants syndicaux afin de pouvoir demain avoir des talents dans chacune des négociations et des concertations mais aussi pour avoir des militants qui représentent tous les secteurs économiques Français.
Nous proposons donc un financement mutualisé entre entreprises à l'identique de ce qui existe aujourd'hui avec l'UPA et l'UNAPL.

Nous souhaitons également mettre en place des dispositifs d'assesment : une évaluation externe, impartiale et objective des compétences acquises par nos militants pour qu'ils puissent avoir une rémunération et un poste à la hauteur de leurs compétences.
 
Vous le comprenez aisément nous sommes là pour échanger, proposer avec une posture responsable. Ce qui signifie que nous attendons des actions concrètes de votre part à l'issue de cette conférence. Si tel n'était pas le cas ce serait de nature à décrédibiliser les partenaires sociaux que nous sommes et cela pourrait donner le signe de partenaires déconnectés de la situation économique et sociale actuelle ce que nous dénoncerions vivement !"

 

Carole Couvert

Présidente de la CFE-CGC

 

Publié dans Actualités

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